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L’appel
de Matthieu
10e
dimanche
Lectures
bibliques |
| Évangile Il convient de ne pas oublier que la rencontre de Matthieu a lieu à Capharnaüm, c’est-à-dire sur ce territoire multiethnique et multireligieux, sur la route qui de Damas conduit à la mer où Jésus a voulu commencer sa prédication (cf. Mt 4, 13). C’est précisément là, en ce lieu impur, contaminé par le paganisme, que le Seigneur reçoit les réponses les plus promptes et les plus généreuses. Non seulement, mais l’appel et la réponse de Matthieu sont introduites après que Jésus eut fait entrevoir les caractéristiques de sa mission en guérissant un lépreux, le serviteur d’un centurion païen, en libérant deux possédés du démon et en guérissant le paralytique après lui avoir pardonné ses péchés. Ces personnes étaient considérées comme impures, et par conséquent elles étaient des marginalisées. Et pour que le message contenu dans ses actions soit clair, Jésus affirme : « Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs ». L’appel de Matthieu en est la preuve et elle prend une dimension universelle. Les pharisiens (= purs, séparés) se scandalisent parce que Jésus mange avec les pécheurs. Dans la tradition juive, le repas est toujours, en quelque sorte, un acte symbolique d’approche, mieux, de communion. Par son comportement, Jésus rappelle au culte authentique, agréable à Dieu, qui ne consiste pas dans l’observance fanatique et formelle des traditions des hommes mais dans la compassion envers l’être humain : « C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices ». Première lecture et psaume La compréhension de ce passage prophétique pourrait devenir difficile si nous ne tenions pas compte que le premier verset rapporte les paroles du peuple après le reproche de Dieu : « Votre amour est fugitif comme la brume du matin, comme la rosée qui s’évapore à la première heure ». C’est-à-dire qu’un comportement cohérent ne fait pas suite à vos paroles et à vos rites sacrificiels répétés. Dieu dit en effet : « C’est l’amour que je veux et non le sacrifice, la connaissance de Dieu, plutôt que les holocaustes ». C’est l’affirmation que Jésus reprendra dans le récit évangélique et que le psaume redira avec le refrain : « Accueille, ô Dieu, le don de notre amour! ». Deuxième lecture L’apôtre Paul évoque la figure d’Abraham qui « espérant contre toute espérance, a cru à la promesse ». À travers la figure d’Abraham, père de la foi, Paul résume toute sa pensée exprimée synthétiquement dans une autre lettre « L’homme n’est pas justifié par les œuvres de la loi mais seulement par la foi en Jésus Christ ». Cette foi ne s’épuise pas dans une simple profession verbale; elle conduit à imiter le Christ (cf. 1 Co 11, 1). Nous ne pouvons être des chrétiens sans nous conformer au Christ. Annoncer Le Christ a été envoyé par le Père et il est mort sur la croix pour nous attirer tous à lui, pour sauver tous les humains sans limites de race, de culture et même de religion. Par son comportement, il a témoigné clairement du dépassement des castes, des barrières non naturelles érigées par les hommes. L’Évangile de Dieu ne justifie aucune tendance puritaine et sectaire. Cette tentation est toujours présente, même dans l’histoire de l’Église. Enseigner L’attitude de quelques pharisiens envers Jésus nous met tous en garde devant un usage déformé de la religion. Aucune religion authentique ne peut pousser à la haine envers les autres qui ne pensent pas comme nous. Quiconque emploie les valeurs chrétiennes pour diviser et mettre les uns contre les autres ne rend pas un bon service à l’Évangile; au contraire, il le détruit. Exhorter Si nous voulons être sauvés, nous devons reconnaître que nous sommes pécheurs. Pour être guéris par le Sauveur, nous devons reconnaître que nous sommes malades. D’ailleurs, la Parole de Dieu est claire : « Aucun vivant n’est juste devant toi » (Ps 143, 2). Seule la personne qui reconnaît son péché peut être justifiée par l’amour gratuit de Dieu. Introduire au mystère L’assemblée liturgique est appelée à manifester l’Église de Dieu dans sa totalité et dans ses caractéristiques fondamentales (cf. LG 26). C’est pourquoi elle ne peut faire « aucune acception de personnes privées ou de situations, soit dans les cérémonies soit dans les solennités extérieures » (SC 32). La célébration eucharistique en particulier est appelée à dépasser toutes les barrières sociales et culturelles pour manifester sans ambiguïté l’unité dans la même foi, espérance et charité.
La Messe ne peut être réduite à un simple événement musical et chantant
pour des esthètes et encore moins à un rite fascinant du passé avec des
gestes et des paroles incompréhensibles.
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