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Le deuil et la danse
CÉLÉBRER LE MYSTÈRE
Sagesse
1, 13-15; 2, 23-24
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| Le chant d’entrée module déjà le thème de la joie qui soutient ce dimanche tout entier : « Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ».
C’est une joie qui jaillit de l’événement, de l’annonce pascale, en cette
semaine que le passage évangélique présente de nouveau dans son double
récit de guérison. Ce n’est pas au hasard que l’acclamation à l’Évangile
l’explicite avec une phrase empruntée à la deuxième lettre à Timothée
(1,10) : « Jésus Christ, notre Sauveur, a détruit la mort; il a fait resplendir
la vie par son Évangile ». La fille est guérie dans son corps – la tendresse de Jésus envers elle le rend attentif à ce qu’on lui donne à manger. La femme qui souffrait de pertes de sang est guérie mais elle est également « sauvée ». Jésus reconnaît la grandeur de sa foi et c’est précisément à cause de sa foi qu’il la guérit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal ». Si l’attention de Jésus envers une adolescente nous émeut, son attention envers l’humanité féminine malade nous émeut aussi. Les femmes subissent doublement la maladie à cause des préjugés dont elles souffrent, surtout au temps de Jésus, mais non seulement en son temps. Il en fait des disciples; il se penche sur leur maladie en privilégiant justement celle qui est plus évidemment liée au préjugé – la femme courbée, par exemple. La condition de cette femme est humiliante et intolérable. Plusieurs médecins n’ont pas réussi à la guérir. Au contraire, d’après Marc, son état avait plutôt empiré. Marquée par le sang, la femme en vit par contrecoup la puissance dans le signe du tabou. Particulièrement à cause de sa maladie, cette femme est dans une condition d’impureté permanente. En fait, elle est exclue de la vie sociale. C’est précisément pour cela que la modalité de la guérison, réponse directe à son courage, même si elle est impure et ose le toucher, dit une guérison globale de la condition féminine et de l’émargination où elle se trouve. Le thème de la mort marque aussi la première lecture tirée du livre de la Sagesse. On y affirme que Dieu n’a pas créé la mort et qu’il ne se réjouit pas de voir mourir les vivants. Il a créé chaque chose pour qu’elle existe. De plus : « Toutes les créatures du monde sont porteuses de salut ». C’est pour une existence impérissable que Dieu a créé l’homme. À tel point qu’il l’a fait à l’image de sa propre nature. C’est seulement par « la jalousie du démon » que la mort est entrée dans le monde, marquant ainsi ceux qui lui appartiennent. Le message est linéaire. En particulier, le texte reprend l’affirmation de la création de l’être humain à l’image de Dieu (cf. Genèse). Donc, la condition optimale, c’est celle que Dieu a voulue pour la créature. C’est le péché, et avec le péché, la mort, qui lui porte atteinte. Notre texte motive l’assaut du tentateur en l’inscrivant dans l’envie, thème sur lequel nous aurions beaucoup à dire. À certains points de vue, une explication facile de l’inéluctabilité de la mort est ainsi offerte. À un autre point de vue, dans l’envie du diable, nous devons lire la puissance diabolique de la séparation; la disjonction entre Dieu et les créatures, sûrement plus imputable aux créatures qu’à Dieu. C’est dans l’humanité elle-même qu’il faut chercher la réponse à la souffrance et à la mort. D’où l’invitation à poursuivre la justice, gage et assurance d’immortalité. La puissance guérisseuse de Dieu et son salut triomphent donc dans les paroles du psaume résumées dans le refrain : « Je t’exalte, Seigneur, toi qui me relèves ». L’expérience de la chute et de l’échec cède la place à celle de la consolation et de la miséricorde. Les larmes du soir se changent en joie au matin et – comme nous lisons aux derniers versets, le deuil se change en danse. Dans la deuxième lecture tirée de la deuxième lettre aux Corinthiens, Paul est en train de plaidoyer en faveur de l’Église mère de Jérusalem. L’exhortation concerne la collecte, c’est-à-dire la cueillette d’argent en faveur des frères de l’Église de Jérusalem. Il demande aux Corinthiens de mettre leur richesse morale dans cette œuvre également. Il s’agit d’imiter le Christ : lui qui de riche est devenu pauvre pour que nous devenions riches par sa pauvreté. Paul précise qu’il ne veut pas mettre les fidèles de Corinthe dans la gêne mais qu’il veut plutôt promouvoir un régime d’égalité entre les deux communautés. L’abondance des uns aujourd’hui soutient l’indigence des autres et vice-versa justement sous le signe de l’égalité. Le discours de Paul ne peut certainement pas se traduire en termes de justice sociale, d’égalisation de ressources entre les communautés,… peut-être de cela aussi. C’est le thème de la suite qui prévaut, celui de proposer de nouveau les attitudes, les choix du Christ. La joyeuse annonce pascale marque ce dimanche d’un pas de danse. C. Militello
Le 13e dimanche nous enseigne que quiconque touche Jésus est touché, guér par lui. Mieux, il ressuscite. C’est une invitation à considérer ce que sont les sacrements de l’Église : le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Réconciliation, l’Onction des malades, l’Ordre et le Mariage chrétien, autant de moments où nous sommes touchés par l’humanité de Jésus qui sauve parce qu’il veut que l’homme vive et qu’il ne soit plus en proie à la mort. Nous devrions tous avoir recours aux sacrements! Nous faire toucher par Jésus, par sa grâce, pour être guéris. En effet, ce qui était dans la personne humaine de Jésus, sa puissance salvifique a passé dans les sacrements.
Demain, c’est la solennité des saints apôtres Pierre et Paul, la clôture
de l’Année paulinienne voulue par le Pape et qui a été une grande occasion
de connaître saint Paul et l’Évangile de Jésus mort et ressuscité.
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