![]() |
La parabole
du trésor
17e
dimanche
|
Interpréter Évangile Avec ce dimanche, le chapitre sur les paraboles du royaume se termine. Dans la parabole du trésor caché dans un champ, comme dans celle de la perle précieuse, l’intention est évidente de présenter, en premier lieu, la gratuité du salut de Dieu qui intervient soudainemenet dans notre vie et qui, en second lieu, nous place devant des choix radicaux. L’homme qui trouve le trésor dans un champ qui ne lui appartient pas et le négociant qui trouve une perle précieuse doivent décider d’agir avec une intelligente débrouillardise et de tout vendre. Le royaume de Dieu n’est comparable à aucune autre richesse. Matthieu, l’auteur même de cette page évangélique, vit l’appel du Seigneur faire irruption alors qu’il était assis au bureau des taxes, et il laissa tout pour suivre Jésus (cf. Mt 9, 9). Lorsque les pêcheurs tiraient les filets sur le lac de Génésareth, ils devaient séparer les poissons comestibles des autres, considérés impurs (cf. Lc 11, 10). À partir de cette expérience, en parallèle avec la parabole précédente de l’ivraie, Jésus répète avec insistance que, dans sa phase terrestre, le royaume de Dieu prévoit la présence simultanée du bien et du mal, et encore une fois, le Seigneur met en garde d’anticiper le jugement de Dieu dont les critères d’évaluation ne coïncident pas toujours avec les nôtres.
Le chapitre des paraboles se termine sur une recommandation : « Avez-vous
compris tout cela? ». Pour ajouter ensuite que le disciple du royaume
n’est pas le simple gardien passif d’un trésor mais un scribe sage qui
sait toujours tirer des choses nouvelles du patrimoine du passé. Salomon, fils de David et de Bethsabée (cf. 2 S 12, 24), a régné sur les douze tribus d’Israël de 972 à 932 av. C. Le passage d’aujourd’hui présente la prière que Salomon adresse à Dieu en assumant la direction du peuple. Elle est en quelque sorte un modèle pour chaque croyant. En effet, Salomon ne demande pas de faveurs personnelles; il demande de vivre pleinement sa vocation au service du peuple avec un cœur docile, capable de distinguer le bien du mal, capable de juger avec sagesse. Le lien avec le récit évangélique est clair : le trésor dans le champ et la perle précieuse du royaume valent plus que tout le reste. Le psaume chante la valeur suprême de la loi du Seigneur qui « illumine et que les simples comprennent ». Deuxième lecture Les trois versets de la lettre aux Romains, qui constituent la lecture du jour de l’apôtre Paul, résument en quelque sorte la dynamique du salut. Dieu a pensé à nous et nous a aimés depuis toujours comme des fils dans le Fils, et il nous a prédestinés à partager avec lui la croix, certes, mais sa gloire aussi. Et cela, non pas à cause de nos mérites ou de nos efforts ascétiques mais par un don gratuit de la libre initiative de Dieu qui a voulu nous faire participer à sa vie. L’amour gratuit de Dieu nous assure que « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu », dans les moments heureux comme dans les moments d’épreuve et de souffrance. Annoncer Le christianisme n’est pas un vêtement que l’on endosse en certaines circonstances, comme les costumes de folklore ou les habits de cérémonie. C’est une décision existentielle qui donne forme à toute la vie. La foi en l’Évangile est le trésor le plus précieux qui détermine tous les autres choix de la vie. Tout le reste n’est pas inutile et encore moins à mépriser, mais tout doit servir à « acheter » la perle plus précieuse. Enseigner Grâce à la foi, le chrétien sait où trouver le trésor et la perle précieuse. Mais aussi longtemps qu’il est sur cette terre, il ne possède pas ce trésor. Il doit le conquérir par des choix intelligents et courageux. Le chrétien ne cesse pas d’être un chercheur de Dieu, avec un avantage : la Parole de Dieu qui est lumière sur nos pas. Exhorter Le « disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien ». Le chrétien ne se limite pas à garder le passé. Pour être vraiment fidèle à la tradition de l’Évangile, il faut innover. La tradition de l’Église n’est pas un objet à renfermer dans un musée mais un héritage à développer. Introduire au mystère
L’homélie ne sert pas à répéter ce qui vient d’être proclamé. C’était
une pratique préconciliaire, alors que les lectures étaient proclamées
en latin. L’homélie n’a pas pour but non plus de dire « autre chose »
et de faire le « sermon » mais de lire le présent à la lumière de la Parole.
En effet, elle « n’est pas le sermon moralisant, la ferveur mielleuse
et vide, l’exposé plus ou moins rhétorique d’occasion, encore moins, l’élucubration
savante. L’homélie est la présentation simple et pertinente qui fait descendre
les richesses multiformes du Christ et du rite sacré en acte dans l’existentialité
de l’assemblée » (CEI, Évangélisation et Sacrements, 69).
|