La profession de foi
de l’apôtre Pierre



 

21e dimanche
du Temps ordinair
e
Ann
ée A – 24 août 2008



Lectures bibliques
Is 22, 19-23; Ps 137, 1-3.6.8bc;
Rm 11, 33-36; Mt 16, 13-20


Interpréter

Évangile

Le récit évangélique de ce dimanche est la conclusion de tout ce qui précède le chapitre 16. La profession de foi de Pierre conclut cette section. Après quoi, Jésus annonce plus ouvertement sa passion et sa mort, énumère les caractéristiques de son royaume et de ceux qui y appartiennent

Devant la profession de foi de Pierre « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », Jésus affirme que cette foi ne se fonde pas sur la chair et sur le sang, c’est-à-dire sur des calculs humains, mais sur une illumination qui vient d’en haut.

Nous ne devons pas oublier que, malgré les prodiges, l’humanité de Jésus voilait beaucoup la présence divine. Les doutes exprimés même par plusieurs de ses disciples le démontrent.

L’acte de Pierre va au-delà des simples raisonnements humains. C’est précisément pour cet acte de foi, libre et courageux, que le pêcheur Simon devient « pierre » (kefa) sur laquelle Jésus, pierre angulaire invisible, édifie son Église visible, pas parfaite, mais au visage humain comme celui de Pierre. Dans les mains de cette Église, Jésus dépose les clés du royaume afin qu’elle ferme les portes aux puissances infernales (= tout ce qui est contre l’homme et qui constitue par conséquent l’Antéchrist), et qu’elle les ouvre à tout ce qu’il y a de beau, de grand et de bon parmi les humains.

Première lecture et psaume

L’histoire de Shebna, majordome du palais du roi, comme tous les événements du Premier Testament, a une dimension prophétique et elle exprime l’action de Dieu hier, aujourd’hui et toujours. Profitant de son rôle, Shebna s’était fait creuser un grand tombeau dans la pierre et s’était procuré aussi des chars de guerre pour exhiber son pouvoir. Ainsi est-il remplacé et les clés du palais sont confiées à Éliakim, un inconnu, qui deviendra la souche d’une grande famille dont les descendants prendront la défense des prophètes et de l’alliance.

La référence à la remise des clés à Pierre et à l’Église est évidente. L’image d’Éliakim comme piquet (le pieu central qui soutient la tente) enfoncé « dans un sol ferme » anticipe l’image de Pierre, roc solide sur lequel le Christ édifiera sa famille de croyants.

Le psaume 137 chante l’amour et la sagesse de ce Dieu qui bouleverse les projets des orgueilleux et qui élève les humbles.

Deuxième lecture

Au terme des trois chapitres de la lettre aux Romains où Paul cherche à lire avec les yeux de la foi et de l’amour de Dieu pour son peuple, le refus du Christ, Messie, de la part de la majorité des juifs, l’apôtre déclare avec conviction que tout cela fait partie d’un mystérieux dessein de salut qui dépasse nos logiques et nos visions étroites : « Comme ses décisions sont insondables et ses chemins, impénétrables! ». Paul est sûr que tout cela, même si c’est douloureux, fait partie d’un mystérieux dessein de Dieu pour lequel, un jour, nous aurons un motif de plus pour rendre grâce à la sagesse de Dieu.

Annoncer

Les clés du royaume, « de la maison de Dieu » sont confiées à un humble pêcheur, c’est-à-dire à une personne à qui nous ne ferions peut-être pas tellement confiance aujourd’hui : sans veston, sans cravate et sans diplôme. Au contraire, c’est justement ce pêcheur de Galilée (= région habitée par des « métis » par leur foi et par leur ethnie) qui émet la plus haute profession de foi dans le Fils de Dieu et que Jésus choisit comme fondement de cette Église vivante qui sera fidèle à sa mission dans la mesure où elle sera simple et humble dans ses aspects extérieurs. N’oublions pas que chaque chrétien participe à cette mission.

Enseigner

L’histoire de Shebna enseigne que Dieu bouleverse les projets des orgueilleux. La clé de la « maison de David », celle qui ouvre vraiment les portes des cœurs pour que Dieu puisse y entrer, n’est pas confiée aux puissants de ce monde mais aux humbles.

Exhorter

Après avoir demandé ce que disent les hommes, Jésus demande à ses disciples une profession de foi personnelle. Chacun de nous, à un moment donné de la vie, doit se demander : « Qui est Jésus pour moi?». Un élément marginal de mes habitudes? Un inconnu? Un prétexte? Ou bien une personne qui, comme la personne qu’on aime, remplit, donne un sens et oriente toute ma vie?

La foi chrétienne n’est pas une religiosité de façade. Au contraire, la religiosité chrétienne est sobre et essentielle, même si certaines manifestations peuvent faire penser le contraire.

Introduire au mystère

« Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu ». Avec ces paroles, à chaque dimanche et en chaque solennité, nous faisons notre profession de foi solennelle, en récitant le Credo ou Symbole de Nicée-Constantinople. Cette profession est strictement personnelle (en effet « Je crois » est au singulier), même s’il est récité ou chanté ensemble et qu’il trouve son sommet dans l’amen que chaque personne prononce au moment de la communion en accueillant et en fixant le regard sur le pain consacré.
S. Sirboni