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La correction
fraternelle
23e
dimanche
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Interpréter Évangile Pour comprendre plus profondément le récit de l’Évangile d’aujourd’hui, il importe de tenir compte qu’il suit immédiatement la parabole de la brebis perdue. Par conséquent, les attitudes que le Seigneur suggère à ses disciples, comme signe distinctif, doivent en quelque sorte partir des sentiments qui animent ce berger qui abandonne les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour aller à la recherche de celle qui est perdue. Devant le pécheur récalcitrant, Jésus ne prévoit pas une expédition punitive mais la mobilisation de toute la communauté pour sauver, pour ramener à l’intérieur de la communion ecclésiale. En assumant la parabole citée comme clé de lecture, il ne s’agit pas de condamner. Quiconque n’écoute ni la correction fraternelle ni les prières de toute la communauté choisit librement d’être considéré comme un païen et un publicain. D’une certaine manière, Jésus étend à toute la communauté la tâche confiée précédemment à Pierre, de lier et de délier (cf. Mt 16, 19), c’est-à-dire la grave responsabilité de garder, d’annoncer et de faire observer correctement la Parole de Dieu, selon les temps et les circonstances. L’annonce de la vérité ne doit jamais être séparée de la charité. Où règne la charité, Dieu est présent. Première lecture et psaume Ce texte d’Ezéchiel se situe après la destruction de Jérusalem qui est interprétée comme un châtiment de Dieu pour les compromis avec l’idolâtrie. Durant l’exil à Babylone, le prophète est chargé de faire la « sentinelle », c’est-à-dire de veiller sur le peuple afin qu’il purifie son cœur et qu’il n’oublie pas Jérusalem et l’alliance. Au fond, c’est la tâche de tous les prophètes de la première et de la deuxième Alliance, donc, de tous les baptisés aussi, de toute l’Église, chacun selon son rôle personnel. La correction fraternelle, la réprimande qui doit être sévère parfois, ont un seul but : le salut de l’homme pécheur. C’est pourquoi le psaume 94 exhorte à écouter la voix du Seigneur qui nous vient à travers la médiation humaine des frères et des pasteurs placés comme sentinelles dans l’Église : « Aujourd’hui, écoutez la voix du Seigneur! ». Deuxième lecture L’entrée en matière de saint Paul nous surprend; nous sommes tous débiteurs, sans exception, « de l’amour mutuel ». À partir du moment où nous venons à la lumière de ce monde, tous, nous contractons une dette d’amour envers Dieu et envers ceux qui nous ont donné la vie physique. Toute notre vie terrestre ne peut être que marquée par une dette de reconnaissance. Nous sommes nés pour dire merci, plus avec l’amour qu’avec les mots, toujours et en toute situation. C’est pourquoi l’attitude principale de la prière chrétienne, c’est l’action de grâces. Annoncer Dans nos assemblées liturgiques le mot « frères » revient continuellement et, peut-être, trop souvent en quelques occasions. En effet, il peut devenir une habitude ou une simple exécution d’expressions verbales prescrites par les rubriques, mais sans cohérence avec la vie quotidienne. La page évangélique nous rappelle que chacun de nous est responsable de son frère. Le vrai chrétien ne peut se comporter comme Caïn qui, à la question de Dieu : « Où est ton frère Abel? », répond : « Suis-je le gardien de mon frère? » (Gn 4, 9). Enseigner Le binôme lier/délier risque d’être interprété simplement en clé juridique et disciplinaire. Dans le langage rabbinique, il signifie déclarer valide ou moins un enseignement moral, licite ou illicite; et pas nécessairement une sanction qui était d’ailleurs prévue en certains cas. Dans l’Évangile, il ne doit pas être extrapolé du contexte de compassion et de charité qui est le dénominateur commun de tout le message évangélique. Exhorter L’affirmation de Jésus, qui assure d’exaucer la prière « pour demander quelque chose », devient peu plausible si elle est extrapolée de son contexte où la préoccupation est de corriger et de sauver un frère qui se trompe. Selon quelques exégètes, le Seigneur promet d’exaucer la prière de la communauté qui demande la conversion d’un pécheur. Nous devrions faire cette prière même lorsque l’esprit de vengeance et de rivalité nous suggère d’autres sentiments. Introduire au mystère « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ». Cette promesse trouve sa réalisation maximale dans l’assemblée liturgique qui constitue déjà par elle-même une présence réelle du Christ (cf. Sacrosanctum Concilium, 7). Cette conscience de la part de tous, fidèles et pasteurs, devrait conduire à un plus grand respect envers l’assemblée où les retardataires, les bavards, les cellulaires qui sonnent, les homélies non préparées, longues et ennuyantes, la ritualité grossière, le ministère incompétent, ne sont certainement pas un témoignage de foi convaincant. S.
Sirboni
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