Qui est Jésus ?

 


24e dimanche
du Temps ordinaire

13 septembre 2009

 


CÉLÉBRER LE MYSTÈRE

 

 

Isaïe 50, 5-9a
Psaume 114, 1-6.8-9


Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.

Jacques 2, 14-18
Marc 8, 27-35

CROIRE ET VIVRE LE MYSTÈRE

Le 24e dimanche du Temps ordinaire nous propose de nouveau, dans la version de Marc, la confession de Pierre. Nous sommes au moment du virage. À partir de ce moment, Jésus s’appropriera le paradigme messianique du Serviteur souffrant que la première lecture ne propose pas au hasard. Nous pourrions dire que le thème du serviteur est même présent dans le psaume et dans l’acclamation à l’Évangile. Cependant, la dynamique propre au récit évangélique de ce dimanche se rapporte surtout à la confession de Jésus, à ce qu’on le reconnaisse comme « le Christ ».

Une fois de plus, Jésus est en route avec les disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippes. En marchant, il leur demande : « Pour les gens, qui suis-je? ». Cette demande assez générale, qui exprime bien la difficulté qu’ont les foules qui le rencontrent à comprendre qui il est vraiment, ne fait qu’en préparer une autre, plus importante pour Jésus. Pour les disciples, pour ceux qui partagent sa mission, pour ceux qu’il a lui-même appelés, qui est-il?

La foule l’assimile aux prophètes (Jean Baptiste, Élie, ou un autre prophète…), mais Jésus est tout autre, même s’il est sans aucun doute un prophète. En Marc, la réponse de Pierre est encore plus sobre qu’en Jean. La substance est toutefois la même : Jésus est le Christ, c’est-à-dire le Messie, le Oint de Dieu, Celui qu’Israël attend. Jésus en prend acte tout en imposant le silence aux siens.

Mais il commence aussi à leur enseigner que le Fils de Dieu doit souffrir beaucoup et être rejeté, qu’on le mettra à mort et qu’il ressuscitera après trois jours. L’évangéliste utilise le verbe « enseigner ». Il ne s’agit pas de confidences faites par Jésus aux siens, en privé. Son identité de Messie vaincu, de Messie souffrant et mis à mort injustement constitue un enseignement au sens strict.
Le messianisme de Jésus est assez loin du messianisme puissant que ses contemporains et ses disciples eux-mêmes attendent. Il n’est pas venu pour être fait roi; et la libération de son peuple de l’oppression romaine ne fait pas partie de sa mission. La lecture chrétienne de l’Ancien Testament et des prophètes identifie le messianisme de Jésus à celui du « Serviteur du Seigneur » chanté par Isaïe. Pour nous, les paroles du texte proclamé ce dimanche-ci évoquent la passion. Flagellé, insulté, humilié et toutefois fortement enraciné en Dieu et confiant en lui, docile à sa parole, le Serviteur sait que sa souffrance est paradigme d’élection et non d’abandon ou de réprobation.

Nous avons les mêmes modulations dans les versets tirés du psaume 114/115. L’acclamation à l’Évangile extraite de la Lettre aux Galates (6, 14) lui fait écho d’une manière incisive. « Notre seule fierté, c’est la croix du Seigneur! En lui, le monde est crucifié à nos yeux, et nous, aux yeux du monde ».

La deuxième lecture nous ramène à la question initiale : « Pour vous, qui suis-je? ». Nous comprenons que, indirectement, dans la lettre apostolique, ce n’est pas la confession de Jésus qui est en jeu. Est-ce toutefois la foi dont parle Jacques, en insistant sur son lien avec une œuvre qui lui est cohérente, à être la foi en Jésus Messie et Seigneur, mort et ressuscité des morts pour nous? La foi dont parle l’apôtre en se rapportant de nouveau concrètement au scandale d’une communauté inefficace ou oublieuse de quiconque est dans l’indigence, n’est pas une idéologie ni une théorie mais une traduction pratique et agissante de la nouveauté chrétienne. Il dit : « La foi sans les actes est bel et bien morte! ».

La prière après la communion nous fait demander au Père que la puissance du sacrement reçu saisisse nos esprits et nos corps, afin que son influence, et non pas notre sentiment, domine toujours en nous.

C. Militello