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Il vous baptisera dans l’Esprit Saint
Lectures
bibliques |
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L’homme…
est un vase en attente… Le deuxième dimanche de l’Avent nous présente la figure de Jean Baptiste, le grand précurseur du Christ. Dans l’Évangile de Marc, sa présentation advient comme à l’improviste, sans aucune donnée biographique (Mc 1,1-8). De plus, c’est étonnant que, après le début solennel, Marc ouvre son récit avec une citation scripturaire. Ce fait est unique dans l’Écriture. À notre avis, c’est une intuition géniale. Pour Marc, l’Évangile a son commencement en Dieu; ce qu’il reprendra aussi au terme du prologue initial (Mc 1,14). Une voix En réalité, la citation de Marc attribuée à Isaïe ne vient pas entièrement du prophète. En effet, le verset 2 renvoie à Ézéchiel 23,20 et à Malachie 3,1; le verset 3, au contraire, est d’Isaïe (40,3). Marc opère ici une sorte de midrasch, c’est-à-dire qu’il commente l’Écriture en se servant de l’Écriture. Puis, il place tout sous l’autorité d’Isaïe. Or, nous nous demandons qui est celui qui parle à l’intérieur de l’oracle. C’est Dieu qui prend la parole et qui parle de son Messie. Il s’adresse en premier à un tu que le lecteur cherche à voir plus clairement. Devant ce tu, il envoie un précurseur afin qu’il lui ouvre la route. Cette route est ouverte dans le désert et c’est une route de salut, une route du Seigneur. Le tu à qui Dieu s’adresse et donc le Seigneur, et le Seigneur, c’est Jésus. Alors, le tu d’abord anonyme, a une dignité divine, il porte le nom de Seigneur et il s’identifie à Jésus de Nazareth. Une deuxième remarque : Marc parle de la voix de quelqu’un qui crie dans le désert, puis il présente Jean Baptiste qui baptise dans le désert. Dans la géographie biblique, le désert est un lieu de passage de la terre d’esclavage à la terre de liberté. Dans les trois textes cités par Marc, (Ex 23,20; Ml 3,1; Is 40,3), nous avons le souvenir de deux grandes libérations, celle d’Égypte et celle de Babylone. À travers le désert, Dieu a appelé son peuple à la liberté. Cependant, avec Jean, le désert à traverser n’est plus le désert géographique, et l’oppression est plutôt morale que politique. L’appel nouveau implique donc la démarche de conversion moyennant le baptême de pénitence. De
Jean à Jésus Comment lire cet exode à l’envers? Jérusalem, avec ses institutions politiques et religieuses (corrompues et dominées par des logiques de pouvoir) n’est plus l’emblème de la ville libre où Dieu règne (cf. Ps 121); elle n’est plus le lieu où l’amour et la vérité se rencontrent; où la justice et la paix s’embrassent (cf. Ps 84,11). À travers le Jourdain, le peuple est appelé à retrouver ainsi son identité et sa vocation. Cependant, ce ne sera plus Jean qui guidera le nouvel Israël mais Jésus. C’est dans cet horizon qu’il importe d’accueillir ses paroles Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi (Mc 1,7). Il ne le nomme pas explicitement mais il est en train de parler de Jésus et il le décrit en le comparant à lui-même. Il affirme d’abord la qualité supérieure de Jésus. Nous avons dit qu’il le définit comme étant plus fort que lui. Cette expression a un sens juridique et elle signifie que Jésus a plus de droit que lui. Nous disons droit, mais sur quoi? Il faut aller à la deuxième affirmation, lorsque le précurseur dit qu’il n’est pas digne de défaire la courroie de ses sandales (Mc 1,7), faisant ainsi allusion à la loi du lévirat (Rt 3,5-11). Jésus a une dignité majeure en tant qu’il est le véritable époux messianique. Enfin, Jean affirme que l’œuvre de Jésus est plus grande. Lui, il baptise dans l’eau; Jésus baptisera dans l’Esprit Saint. Les deux baptêmes sont cependant importants. Celui du Baptiste souligne la mort à un passé dans le péché; celui de Jésus, moyennant l’Esprit Saint, est un baptême qui manifeste la plénitude de vie en Dieu. Ici, nous avons mis en évidence le but de la prédication chrétienne : la communion avec Dieu. L’excellence de Jésus par rapport à Jean affirme sans équivoques que Jésus est la figure attendue, invoquée et définitive de l’histoire du salut. Le désert, la route et le Christ Aujourd’hui, deux symboles apparaissent dans la liturgie de la Parole, ce sont le désert et la route. Comme nous le disions, la route de l’exode passe à travers le désert et rejoint la terre de la liberté qui, pour nous chrétiens, est Jésus Christ. Mais qu’est pour nous le désert aujourd’hui? Si nous nous en tenons à l’Écriture, le désert est l’espace de la vérification de la foi (Dt 8,2-5) et de la perte (Dt 32,10-12). C’est aussi un espace de mort (Nm 20,5) en vue d’une vie nouvelle. De plus, pour le Talmud, le désert est une terre où Dieu se révèle : dans désert, Dieu se fait présent comme celui qui parle. Pour nous, l’Avent doit être une occasion propice à la vérification ainsi qu’à un retour à l’essentiel et à la sobriété en vue de l’écoute de Dieu. Comme nous l’avons vu, Jean Baptiste est l’homme du désert; il est la voix qui crie et qui appelle à la conversion; il est l’indice qui montre le Messie présent; il est l’œil qui scrute le péché et le dénonce, même au prix de sa vie. Tel doit être le chrétien formé par la Parole de Dieu : une prophétie pour ceux qui sont proches et pour ceux qui sont éloignés, un signe qui oriente vers Dieu, un regard qui saisit la présence fidèle et providentielle de Dieu dans les vicissitudes variées et complexes de l’histoire.
Avec le désert, la route, métaphore de la conversion, de l’accueil effectif
de la Parole de Dieu, et de la vérité de notre baptême! Sans un engagement
existentiel, nous risquons d’édifier notre maison sur le sable. Au premier
souffle du vent, si nous nous en tenons aux paroles de Jésus, elle s’écroule
et grande est sa ruine (cf. Mt 7,27). Mais ce n’est pas tout : la route
dans le désert nous conduit à la rencontre de Jésus Christ. Ce retour
à la Source est la condition pour que l’engagement du croyant se purifie,
se renouvelle, grandisse et mûrisse en vue du témoignage de son espérance
aux femmes et aux hommes de notre temps.
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