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Dans
l’assemblée des frères
CÉLÉBRER LE MYSTÈRE
LECTURE
BIBLIQUE
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CROIRE AU MYSTÈRE Le chant d’entrée emprunté à 1 P 2,2 nous introduit à ce 2e dimanche de Pâques en nous rappelant l’accueil des néophytes, « enfants nouveau-nés » à qui on demande « d’être avides du lait pur » de la Parole qui les fasse grandir pour le salut. Au cours des premiers siècles, ce dimanche ainsi que les autres dimanches après Pâques étaient dans le signe de la mystagogie, c’est-à-dire de la compréhension de plus en plus savoureuse de la condition chrétienne à laquelle ils avaient été initiés au cours de la nuit de Pâques. Aujourd’hui encore, la liturgie réformée après Vatican II souligne la ligne mystagogique du temps pascal, temps propice pour entrer de plus en plus profondément dans le mystère et pour s’en réjouir avec la communauté. Elle est elle-même le lieu où le Seigneur se fait présent. Le Seigneur est donc présent. Le jour de Pâques, jour très particulier de la résurrection n’est pas encore terminé. Les lectures restent dans le signe du témoignage de cet événement ainsi que de la joie qu’il comporte. La première lecture nous rend attentifs à la vie et à la mentalité de la communauté chrétienne primitive à travers des soi-disant sommaires. Il s’agit de reportages synthétiques et concis, et probablement même emphatiques et édulcorés d’où transparaît l’idéalité de la communauté de Jérusalem, c’est-à-dire de l’Église mère, de la toute première communauté chrétienne. Ce qui la caractérise, c’est d’avoir « un seul cœur et une seule âme ». La communauté est dans le signe de l’unanimité de pensée, de l’unanimité d’intention, de l’unanimité de sentiment. Pour parler autrement, ils nous apparaissent tous pour un et un pour tous. L’affirmation qui suit immédiatement nous confirme cette syntonie réciproque dans ses aspects existentiels : « personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait, mais on mettait tout en commun ». Cette communauté a-t-elle jamais existé? Luc insiste sur cet aspect dès le premier des sommaires (cf. Ac 2, 42s). Il nous parle aussi de la punition terrible qui touche quiconque a essayé de refuser d’adhérer profondément à ce style de vie (cf. Ac 5, 1-11). Qu’il ait à cœur cette instance, nous le voyons aussi dans les versets qui suivent où il insiste justement sur le fait « que aucun d’entre eux n’était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des biens les vendaient et en apportaient le prix pour les mettre à la disposition des apôtres qui les redistribuaient selon les nécessités de chacun ». Chose certaine, c’est que ce partage des biens est une instance utopique qui est souvent proposée de nouveau dans l’histoire de la communauté chrétienne, dans ses formes radicales ou élitaires, souvent tout un avec le renoncement aux biens eux-mêmes et au choix de la pauvreté comme propre horizon de vie. Cependant, la raison de l’insertion de ce récit dans la liturgie de ce dimanche doit être cherchée dans les versets où il est dit que : « C’est avec une grande force que les apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur ». Dans le jour joyeux qui va de Pâques jusqu’à la Pentecôte, le thème de l’annonce, le témoignage de la résurrection reste fondamental et vital, tout un avec la joie bien exprimée par le choix du psaume. Dans la dynamique de la Pâques, la communauté est encore au centre de la deuxième lecture tirée de la première lettre de Jean. La nouveauté de la vie nouvelle y est esquissée. Engendrés par Dieu, nous avons besoin de l’amour mutuel. Amour et foi sont le fondement de l’existence chrétienne enracinée dans le Christ Jésus qui est venue par l’eau et par le sang et à qui l’Esprit rend témoignage. L’eau et le sang nous renvoient au Baptême et à l’Eucharistie, à la vie nouvelle rendue possible par l’Esprit de vérité. L’eau et le sang nous renvoient au côté transpercé et à l’Esprit où naît la communauté des croyants. C’est au côté transpercé ainsi qu’aux plaies du Seigneur, à l’événement dont naît l’Église que renvoie également la lecture évangélique de Jean. Les événements racontés ont lieu « le soir du premier jour de la semaine ». Nous sommes donc encore au jour de Pâques, le soir, et le récit porte sur l’apparition de Jésus dont le corps de résurrection enfreint les lois de la physique puisque, même si les portes sont verrouillées, il entre dans le lieu où les siens étaient rassemblés. Le salut de Jésus, c’est : « La paix soit avec vous! ». Toutefois, il ne se limite pas à leur souhaiter la paix. Lui, l’envoyé du Père, il les envoie à son tour, après leur avoir donné son Esprit. La mission reçue implique l’exercice d’un pouvoir qui lui appartient, celui de « remettre les péchés ». La mission conférée aux apôtres a d’autres parallèles dans le Nouveau Testament (cf. Mc 16, 15-16). Mieux, il y a carrément une première mission alors que Jésus agit encore (cf. Mc 6, 7-13). Cette mission après la Pâques a une saveur différente et définitive. C’est surtout le don de l’Esprit et le pouvoir relié à la rémission des péchés qui la caractérisent.
Il n’est pas facile de croire en la résurrection. Même parmi les Douze,
il en est un qui a de la difficulté à l’accepter. Le récit évangélique
nous parle justement de Thomas qui, absent lors de l’apparition de Jésus
au jour de sa résurrection, exige de le toucher pour croire que le crucifié
est vraiment ressuscité. Aujourd’hui, une nouvelle apparition le délivrera
de son incrédulité, et ce sera pour la consolation des communautés que
la foi des apôtres a ensuite suscité les paroles de Jésus : « Heureux
ceux qui croient sans avoir vu! ». C. Militello
Jusqu’à ce dimanche-ci, la semaine a été comme un unique jour solennel : Pâques, un jour qui a duré sept jours plus un! Le huitième jour, Jésus revient parmi les siens. Depuis lors, il continue à le faire dans les assemblées de l’Église qui se réunissent au jour appelé dimanche, c’est-à-dire au jour du Seigneur. Ce jour-là, lui, le Ressuscité se fait présent. Sa présence nous enveloppe; elle est multiforme : il est présent en celui qui préside, dans le peuple rassemblé, dans la Parole, dans le Livre de la Parole et particulièrement dans les signes du pain et du vin. Toutes ces présences sont réelles quoique la présence eucharistique reste éminente et substantielle (cf. Mysterium fidei, 20-21). Aux Douze et aux autres qui sont rassemblés, le Seigneur donne la paix. La communauté pardonnée peut désormais pardonner et donner la paix. La plénitude des dons messianiques nous sont accordés par le Fils donné pour nous. La paix est faite entre le ciel et la terre, entre les humains, et entre ces derniers et la terre qui les accueille.
Un monde nouveau commence avec la résurrection, la création nouvelle
devient une réalité en acte et en devenir. Pour l’être humain et pour
la création, la perspective n’est plus la mort mais la vie. |