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Il
leur ouvrit l’esprit
CÉLÉBRER LE MYSTÈRE
LECTURE
BIBLIQUE
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CROIRE AU MYSTÈRE La forme verbale qui ouvre le chant d’entrée : « Acclamez Dieu, toute la terre, chantez à la gloire de son nom » fait qu’on appelle ce dimanche et les dimanches qui suivent dimanches des impératifs. Dans l’unique grand jour que nous vivons, la communauté est de façon péremptoire invitée à l’action de grâces, seule attitude possible devant les merveilles que le Christ Seigneur a accomplies pour nous. Aujourd’hui encore, les lectures sont marquées par une forte valeur de témoignage. Au livre des Actes, nous écoutons le deuxième des discours kérygmatiques de Pierre. Il rappelle au peuple la part qu’il a eue dans la condamnation de Jésus : ils ont voulu gracié un assassin et condamné à mort l’auteur de la vie. « Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins ». Le heurt verbal entre Pierre et le peuple de Jérusalem, la part qu’il a eue dans la condamnation de Jésus nous embarrasse à cause des conséquences que la chrétienté en a tirées en attribuant à Israël la responsabilité de la mort du Seigneur. En vérité, l’antisémitisme n’aurait jamais dû trouver de place chez les chrétiens, précisément à cause des paroles claires de Pierre : « Frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs ». De plus, les événements qui ont impliqué le peuple s’inscrivent dans ce projet de Dieu déjà annoncé d’avance par les prophètes : « Le Christ devait souffrir ». L’appel de Pierre est donc un appel à la conversion et au changement de vie, condition pour la rémission des péchés. Se convertir, c’est-à-dire revenir à Dieu, l’amitié avec lui est indispensable au salut. Et c’est ce thème ultime, le salut, qui caractérise la lecture de la première lettre de Jean. Le Christ est mort pour expier nos péchés; non seulement pour les nôtres mais aussi pour ceux du monde entier. D’où l’appel à ne pas pécher, conscients que si nous avons péché, nous « avons un Défenseur devant le Père : Jésus Christ ». Sa mort sacrificielle n’est pas circonscrite au bénéfice de quelques-uns; elle nous intéresse tous. Qui croit en lui a la confirmation du salut dans l’observance de ses commandements. En d’autres mots, il ne suffit pas de se dire ou de se supposer du côté du Christ. L’atténuante, c’est l’observance de sa Parole. À cette condition, l’amour de Dieu est vraiment parfait en nous. L’appel à l’Écriture qui, dans la première lecture, annonce d’avance l’événement salvifique de la mort et résurrection du Seigneur, et qui, dans la deuxième, nous dit que ce n’est qu’en l’observant qu’il est possible d’espérer le salut, caractérise l’acclamation à l’Évangile qui s’inspire de Luc 24, 32 : « Fais-nous comprendre les Écritures : notre cœur est brûlant quand tu nous parles ». Cet indicatif des sentiments des disciples d’Emmaüs nous introduit au récit qui suit immédiatement (Lc 24, 35-48). Rentrés à Jérusalem, les deux disciples racontaient ce qui s’était passé et, comme ils parlaient encore, le Seigneur ressuscité était là au milieu d’eux. Sa salutation est la même que rapportée par Jean : « La paix soit avec vous! ». Toutefois, Luc,- nous le lisons en raison de la concision de Marc – insiste sur leur peur et sur leur bouleversement. Et, en médecin qu’il est, il met sur les lèvres de Jésus les paroles qui peuvent les convaincre de son identité, au-delà de tout reste de doute. Jésus leur demande de regarder ses mains et ses pieds qui portent encore des signes de la passion; il leur demande de le toucher. C’est vraiment lui en chair et en os. Et, parce que la stupeur et la joie les paralysent, il leur demande d’apporter quelque chose à manger. Le texte ajoute : « ils lui offrirent un morceau de poisson grillé; il le prit, et le mangea devant eux ». Il y a une sorte d’acharnement synergique des évangélistes sur la permanence de Jésus dans la chair, après sa résurrection. Même lorsque les disciples ont de la difficulté à le reconnaître, c’est à cause de leur manque de compréhension des événements plutôt qu’à des métamorphoses qui altèrent son concret, son être corporel. Ce n’est pas au hasard que, dans le texte d’aujourd’hui, il refuse de passer pour un fantôme. À cette insistance entêtée à manger réellement le poisson grillé, la valeur eucharistique du partage du poisson se profile. La communauté assimile le fait de manger le poisson à la fraction du pain où elle reconnaît le Seigneur vivant et présent. Mais avant la célébration de la présence vivante du Seigneur, il y a l’Écriture, l’intelligence des Écritures rendue possible seulement par elle. Depuis toujours, l’assemblée se recueille dans l’inséparabilité de la Parole qui la convoque et du pain qu’elle rompt. En ouvrant l’intelligence des disciples pour qu’ils comprennent, Jésus affirme : « Il est écrit : le Christ souffrira et ressuscitera d’entre les morts le troisième jour, la conversion et le pardon des péchés seront proclamés en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C’est vous qui en serez les témoins ». Il y a donc un jeu subtil entre la Parole dévoilée, l’intelligence de la Parole finalement donnée et le feu qu’elle allume, l’ardeur qu’elle met dans le cœur. Le kérygme, l’annonce de Jésus mort et ressuscité ne peut être témoignée que dans cet enlacement complice. Son témoignage de crucifié ressuscité, définitivement vivant, l’annonce du pardon, l’acquisition de la paix, son don, ne sont compréhensibles qu’à partir de l’Écriture, de l’interpellation qu’elle nous adresse, de la réponse que nous lui donnons.
Voilà pourquoi, en réponse à la Parole proclamée, nous demandons à Dieu
d’accueillir les dons de l’Église en fête et, puisqu’il est à l’origine
d’un si grand bonheur, qu’il s’épanouisse en joie éternelle (cf. Prière
sur les offrandes).
Dans le temps de Pâques, nous ne lisons pas l’Ancien Testament dans le Lectionnaire des dimanches. La première lecture est toujours tirée des Actes des apôtres tandis que la deuxième, en ce cycle B, est tirée de la première lettre de saint Jean. En ce troisième dimanche de Pâques, Jésus se manifeste de nouveau aux Onze qui venaient d’entendre le récit des deux disciples d’Emmaüs. Il leur donne la paix et les invite à le toucher pour se rendre compte qu’il n’est pas un fantôme. Le poisson grillé qu’ils lui présentent est un symbole, puisqu’il est lui-même le bon poisson grillé par le feu de l’Esprit sur le bois de la croix : le repas est eucharistique et pascal, comme le nôtre de chaque dimanche. Nous soulignons encore une chose de l’Évangile de ce jour : « Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures ». C’est la lecture désormais éclairée par la lumière de Pâques; la résurrection de Jésus est la clé de compréhension de toutes les Écritures, Ancien et Nouveau Testament. C’est précisément la lecture que Jésus lui-même fait aux deux disciples d’Emmaüs. L’Église fait toujours ainsi, voilà pourquoi Pâques est le centre et la clé de tout le mystère de la miséricorde et du salut. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus indique le contenu de la mission de l’Église envers toutes les nations. L’évangéliste Luc souligne combien tout part de Jérusalem pour arriver jusqu’aux confins de la terre. • Ces dimanches-ci, plusieurs enfants reçoivent les sacrements de l’Eucharistie et de la Confirmation. L’engagement des communautés paroissiales est grand à leur égard.
Puissent les familles conserver le trésor que nous cherchons à communiquer.
La foi est pour vivre; elle rend l’homme et la femme davantage eux-mêmes
et surtout, elle indique où nous allons, et que, venus de Dieu, nous
sommes faits pour la vie éternelle. Comme les parents donnent de bonnes
choses à leurs enfants, de même nous les aidons à grandir dans la foi,
bien incalculable pour eux. Qu’ils enseignent aussi à ne pas déserter
les assemblées paroissiales du dimanche; elles sont la visibilité de
l’Église universelle au milieu de nos maisons. |