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Le Seigneur glorifié
CÉLÉBRER LE MYSTÈRE
LECTURE
BIBLIQUE
Souviens-toi,
Seigneur, |
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CROIRE AU MYSTÈRE La liturgie de ce 5e dimanche est sous le signe de l’imminence de Pâques. L’attention est tournée vers la souffrance du Christ, condition nécessaire à sa glorification. La mort et la résurrection du Seigneur scellent l’alliance nouvelle et définitive. Dans cette optique, nous comprenons le recours à la lecture de Jérémie, la promesse d’une alliance nouvelle, et le texte de la lettre aux Hébreux qui dessine la modalité de son instauration. Le cercle se termine avec l’Évangile de Jean, texte complexe où Jésus anticipe avec des paroles senties la passion qui l’attend en même temps qu’il ouvre ses auditeurs à la gloire qui s’ensuivra. Les dimanches précédents, le thème de l’alliance nous est venu à travers les figures emblématiques de Noé et d’Abraham, les paroles du décalogue, et l’aventure d’Israël, puni pour l’avoir enfreinte. Écoutons maintenant le prophète Jérémie qui annonce une alliance nouvelle. Contrairement à celle que Dieu a stipulée, elle sera écrite directement dans le cœur : Je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes; je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. L’oracle dessine donc des temps de réciprocité totale entre Dieu et son peuple, pleinement et complètement telle. Il dessine aussi une adhésion à la loi qui émane de son intériorisation, don de la grâce. Cela change aussi les scénarios des rapports au sein du peuple : Ils n’auront plus besoin d’instruire chacun son compagnon… Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands. Le psaume permet à l’assemblée réunie de demander à Dieu de créer en elle un cœur pur. Dans les paroles de l’auteur de la lettre aux Hébreux, la nouvelle alliance est acquise par le Seigneur Jésus, par les prières et les larmes qu’il a offertes au cours de sa vie terrestre à celui qui pouvait le sauver de la mort; il a été exaucé. Son obéissance filiale l’a rendu parfait de sorte qu’il est devenu la cause du salut pour tous ceux qui lui obéissent. L’aventure terrestre de Jésus est dramatique. Sa condition divine ne le soustrait pas à la souffrance et à l’angoisse, ni à la mort. Mais c’est en vertu de cette condition divine qu’il obtient la défaite de la mort et avec elle, le salut de ceux qui le suivent. Et c’est la suite, la nécessité de se conformer au Christ, d’en intérioriser les choix, dans la proximité de l’heure, qui voit converger ensemble l’échec de la mort et sa défaite dans l’acquisition totale de la gloire, thème du récit évangélique. Le scénario est celui des Grecs sympathisant du judaïsme qui, venus à Jérusalem pour la fête des Tabernacles, demandent de voir Jésus. Dans la demande, ils reconnaissent le signe de l’heure de sa glorification. Mais le discours se déplace sur la modalité de sa venue avec la similitude du grain de blé qui, tombé en terre, donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie, la perd, dit Jésus; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Le discours se déplace encore plus sur les modalités de la suite : Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Adressées aux interlocuteurs, ces paroles entrecroisent immédiatement celles où éclate toute l’angoisse de Jésus devant ce qui l’attend. Les supplications et les lames dont a parlé la lettre aux Hébreux s’explicitent : Maintenant, je suis bouleversé. Que puis-je dire? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure? Mais non! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci! Père, glorifie ton nom! Le texte nous parle de l’irruption de la voix du Père qui confirme la gloire présente et future de son nom. Le signe interroge les personnes présentes qui en cherchent des explications plausibles. Jésus répond que la voix n’est pas venue pour lui mais pour eux. Et il ajoute que c’est maintenant que ce monde est jugé; le moment où le prince de ce monde va être jeté dehors. L’image conclusive est celle de son élévation de terre. Alors, il attirera tous les humains à lui. Donc, la croix, son élévation comme moment suprême du triomphe, comme défaite du mal, comme interpellation et choix définitif en sa faveur concerne tout être humain sans exception. Les mots qui annoncent la modalité de sa mort de manière voilée contiennent aussi la promesse du salut et de la gloire. Le parcours de Carême nous conduit donc à la contemplation anticipée de la puissance bénéfique de Celui qui est suspendu au bois. C’est de là qu’il règne et juge l’histoire et qu’il appelle, attire chacun de nous ainsi que l’Église, épouse tirée de son côté transpercé pour accomplir le choix définitif en sa faveur, à le suivre, à le servir, à perdre sa propre vie pour acquérir la vraie vie, et participer ainsi à sa gloire. C. Militello
Aujourd’hui, de nouveau, le chant de communion reprend la perle centrale du récit évangélique de Jean : Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. La logique est pressante : fréquenter = célébrer Jésus qui est à Jérusalem veut dire accepter ce qu’il va faire de lui-même : mourir pour porter du fruit de vie pour tous. Pour cela, il faut un changement de mentalité, un cœur nouveau, comme le disent le prophète Jérémie et le psaume. Pour être disciples de Jésus et être là où il est, il faut apprendre son obéissance.
Dans sa prière, l’Église tient bien compte des catéchumènes qui demandent
le Baptême et elle invoque pour eux l’esprit et le cœur nouveaux dont
dépendent les mœurs chrétiennes. |