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Il
est passé en faisant le bien… il les guérissait tous 5
février 2012 Lectures
bibliques |
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Dans son discours chez Corneille, Pierre rappelle que Jésus « est passé en faisant le bien; il guérissait tous ceux que le diable tenait asservis, car Dieu était avec lui » (Ac 10,38). Avec l’autorité messianique qui lui venait du Père (cf. Mc 1,27; 2,10), Jésus a agi efficacement sur l’homme, le libérant de l’esclavage du mal et du malin. Le récit évangélique d’aujourd’hui en est la preuve. Situé au cours de la journée de Capharnaüm qui présente d’abord Jésus comme maître d’autorité puis comme exorciste puissant, il souligne sa puissance de thaumaturge et son souffle orant. Au lit, avec la fièvre Dans la synagogue, après avoir libéré l’homme d’un esprit impur (maladie psychique), Jésus se rend chez Simon. Au contraire, dans la maison de Simon, nous assistons à une guérison de la fièvre (maladie physique). Dans le premier cas, nous avons un homme rendu à son équilibre psychologique; dans le deuxième, une femme guérie d’une maladie. Dans l’image de l’homme et de la femme, dans la maladie psychique et physique, nous pouvons voir les polarités humaines réconciliées. Les deux épisodes sont donc à lire ensemble. Jésus est informé de la maladie de la belle-mère de Simon par ceux que nous pourrions définir comme les « collaborateurs anonymes ». Qui sont-ils? Le texte ne le dit pas. Ces intermédiaires sont importants et il en est fréquemment question dans l’Évangile de Marc. De prime abord, nous nous demandons comment il se fait que Marc donne une telle importance à un fait banal en soi : une femme alitée avec de la fièvre, ce n’est pas une catastrophe. Mais, à bien regarder, ce n’est pas si insignifiant. Entre-temps, pourquoi cette femme est-elle au lit et précisément avec de la fièvre? Il faut savoir que la fièvre était considérée comme un châtiment pour quiconque était infidèle à l’alliance (cf. Lv 26,16; Dt 28,22). Cette femme vit alors un état d’infidélité à Dieu; infidélité qui engendre une paralysie (elle était au lit). En-dehors du rapport avec Dieu, nous tombons dans la paralysie spirituelle et cela, parce que victimes d’une force ennemie qui cloue à l’impuissance. Chez cette femme, prise comme image symbolique, la communauté qui suit Jésus (aujourd’hui, c’est la communauté chrétienne) est appelée à se reconnaître et à vérifier, si nécessaire, si cette stérilité – dans ses expressions multiples – ne dérive pas peut-être d’une infidélité à l’Évangile. La force libératrice de Jésus Jésus intervient et il le fait à travers trois actions précises. « Il s’approcha » : dans tout l’Évangile de Marc, c’est seulement ici que nous la trouvons. Jésus est le bon samaritain qui, poussé par la compassion devant la personne blessée, s’approche. « Il la fit lever » : le verbe egheiro est le même que celui que les évangélistes emploient pour la résurrection de Jésus. Cette guérison est déjà dans la dynamique de la résurrection, donc, de la vie. C’est une guérison physique qui affirme une libération du péché. « Il la prit par la main » : ce geste ne veut pas seulement relever une personne malade de son lit; c’est un geste qui tire d’une situation, un geste orienté à la libération. L’expérience du salut obtenu porte la femme à remercier en servant. Alors, le service fait suite à une action de Dieu qui guérit et purifie; la diaconie chrétienne est le fruit d’une liberté obtenue. Le soir venu, une grande foule de malades et de possédés se presse devant la porte de Simon. Tous veulent être guéris par Jésus. Et il en guérit plusieurs, mais pas tous. La journée de Capharnaüm a été dense d’événements importants, une sorte de printemps où plusieurs ont vu que quelque chose de nouveau avait commencé. Dans un endroit désert, en prière Après ces faits, nous avons un passage de scène très brusque : de la foule à un endroit désert. Marc note que Jésus se leva le lendemain « bien avant l’aube »; pour l’Évangéliste, cette indication a une valeur négative. Le retrait dans la solitude après une journée laborieuse nous renvoie à un autre retrait de Jésus, celui qui a suivi son baptême. De plus, on affirme que Jésus priait. Dans tout l’Évangile, Marc présente seulement trois fois Jésus en prière : ici; après la multiplication des pains (Mc 6,46); et à Gethsémani (Mc 14,32). Dans notre passage, on ne spécifie pas ce qu’il a dit, mais on le déduit bien du contexte. Jésus a opéré des prodiges et une foule nombreuse est accourue vers lui. Jésus considère cependant le succès obtenu comme un piège, une tentation très subtile : celle du messianisme fait de miracle et de triomphe. Alors, il se retire dans le silence pour ne pas céder à cette flatterie et pour demeurer dans la volonté du Père. Certes, cela provoque la déception de ses disciples, une déception bien résumée dans l’expression de Simon-Pierre qui, après l’avoir trouvé, lui dit avec une teinte de reproche : « Tout le monde te cherche! ». L’exégète R. Snackenburg note que ses disciples « occupés par des pensées humaines comme le reste de la foule, ou pour mieux dire, sans la réflexion et la vigilance intérieure que leur Maître possédait, viennent le prendre pour le faire revenir sur ses pas, mais il demeure ferme dans sa décision ». Jésus n’est pas venu seulement pour quelques uns mais pour tous; il n’est pas venu annoncer la Bonne Nouvelle seulement dans un endroit, mais partout. Par conséquent, il est toujours plus loin, ailleurs. Le croyant dans le monde Comme son Seigneur, le chrétien aussi doit se placer parmi ses frères comme un sacrement de salut. Et pour ce faire, les miracles ne sont pas nécessaires… il suffit de dédier davantage de temps aux personnes qui partagent la même vie, de remarquer et de secourir les nombreux Lazarre qui gisent peut-être à nos portes; de s’insérer d’une manière constructive dans les nombreuses organisations sociales et ecclésiales en alimentant l’espérance et la confiance. Alexandre C. osb
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