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Seigneur,
CÉLÉBRER LE MYSTÈRE
LECTURE
BIBLIQUE
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CROIRE AU MYSTÈRE Le dimanche de la Pentecôte termine le temps pascal. En ce jour, l’Église célèbre l’accomplissement de la promesse que Jésus a faite aux siens à plusieurs reprises concernant le don de l’Esprit. …Nous avons deux traditions différentes du don de l’Esprit : celle de Jean qui le situe au cœur du mystère pascal alors que Jésus expire; celle de Luc qui, symétriquement à la fête juive de la Pentecôte, mémoire de la théophanie du Sinaï, situe l’événement cinquante jours après Pâques. La messe du jour propose la lecture de cet événement comme le deuxième chapitre des Actes nous le présente : un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent, des langues comme de feu qui se séparent et se posent sur la tête des personnes présentes qui se mettent à parler en d’autres langues… Des phénomènes de type cosmique, avec une valeur théophanique traditionnelle, se joignent aux comportements inusités de ceux sur qui descend la puissance de l’Esprit. Il ne faut pas oublier le contexte dans lequel le fait advient : « Ils se trouvaient réunis tous ensemble dans un même lieu ». La tradition reconnaît ce lieu comme étant le Cénacle, c’est-à-dire comme la chambre haute où Jésus a célébré le Repas d’adieu avec les siens. Après son ascension, c’est là que les disciples sont restés enfermés, craintifs. Le récit des Actes nous dit que les apôtres (il en donne les noms), les femmes et Marie, Mère de Jésus et ses frères étaient présents. C’est donc ce groupe composé d’hommes et de femmes qui se retrouve ensemble au moment de l’effusion de l’Esprit. L’événement l’empote sur toute peur. Devant la foule qui s’est rassemblée, ils parlent en langues et chacun les comprend dans sa langue maternelle. Dans le fait de comprendre chacun dans sa langue maternelle, une longue tradition voit la résolution de Babel (cf. première lecture de la messe de la vigile). Alors, ils ne se comprirent plus les uns les autres; maintenant, au contraire, ils comprennent le langage de l’autre, sans revenir toutefois à un seul langage. À la précieuse partition de la liturgie d’aujourd’hui, nous avons été introduits par le chant d’entrée extrait du livre de la Sagesse (1, 7) : « L’Esprit du Seigneur remplit l’univers, et lui qui englobe toutes choses, sait se faire comprendre des hommes de toutes langues ». La merveille de la Pentecôte, de l’Esprit répandu sur ceux qui croient dans le Christ Seigneur n’est plus de nous homologuer, de nous durcir dans une série de normes, de nous cloner dans la fixité d’une présumée tradition. Au contraire, la liberté nous est donnée, son propre don personnel est manifesté à chacun. Construire l’unité ne comporte pas l’uniformité mais la richesse des différences que l’Esprit rend toutes également précieuses. La lecture apostolique (Ga 5, 16-25) dans l’opposition rhétorique Esprit-chair, fruits de l’Esprit – fruits de la chair, décline l’Esprit et ses fruits comme « joie, paix, magnanimité, bienveillance, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi ». L’exhortation de départ est : « Frères, vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu » et la conclusion : « … puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit ». La splendide séquence médiévale « Veni Sancte Spiritus » joue en beauté sur l’action extraordinaire de la troisième Personne dans la vie des croyants. L’acclamation à l’Évangile lui est proche : « Viens, Esprit Saint! Pénètre le cœur de tes fidèles! Qu’ils soient brûlés au feu de ton amour! ». L’Évangile rassemble deux passages forts, inhérents à la promesse de l’Esprit dans les discours d’adieu. Dans sa première partie, l’Esprit est appelé Paraclet, terme compliqué habituellement traduit par consolateur/avocat. Jésus le dit : « L’Esprit de vérité qui procède du Père » et il lui assigne une fonction de témoin de sa personne et de son message; tâche qui sera donnée également aux disciples, dans la force de l’Esprit. Dans la deuxième partie, devant la difficulté qu’ont les disciples à en comprendre les paroles, Jésus affirme que l’Esprit les guidera vers la vérité toute entière. Il ne s’agit pas d’une révélation nouvelle, mais plutôt de rendre le mystère du Fils intelligible. En effet, l’Esprit ne parlera pas de lui-même mais il dira tout ce qu’il a entendu et il annoncera les choses futures. En parfaite syntonie avec les paroles de l’Évangile, la prière sur les offrandes demande : « Dieu notre Père, réponds à notre attente, souviens-toi de la promesse de ton Fils : que l’Esprit Saint nous fasse pénétrer plus avant dans l’intelligence du mystère eucharistique et nous ouvre à la vérité tout entière ». La Pentecôte marque la naissance de l’Église. L’effusion de l’Esprit constitue l’événement ecclésiologique par excellence. Sans son illumination, il ne pourrait y avoir de communauté croyante. Sans son don, la mission du Fils resterait obscure et inintelligible. La préface souligne cette valeur : « Pour accomplir jusqu’au bout le mystère de la Pâque, tu as répandu aujourd’hui l’Esprit Saint sur ceux que tu as fait tes fils en les unissant à ton Fils unique. C’est ton Esprit qui a donné à tous les peuples, au commencement de l’Église, la connaissance du vrai Dieu, afin qu’ils confessent chacun dans sa langue une seule et même foi ». Ces thèmes sont déjà énoncés dans la prière (collecte) : « Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la Pentecôte, tu sanctifies ton Église chez tous les peuples et dans toutes les nations; répands les dons du Saint Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans les cœurs des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique ».
Dans le souvenir de l’événement qui marque le point de départ de la
communauté chrétienne et qui la rend finalement capable d’annoncer l’Évangile,
l’invocation « Viens, Esprit Saint » est certainement une demande inhérente
à la croissance de l’Église, et en elle, une demande des dons qu’il
répand; elle s’étend cependant au renouvellement de la terre dont seul
l’Esprit est capable (cf. psaume). Nous prenons donc congé du temps
pascal, sûrs de la présence dynamique de l’Esprit du Ressuscité, dans
l’Église du Christ et dans le monde qui appartient à Dieu. VIVRE LE MYSTÈRE
Une habitude se répand de veiller le soir du samedi qui ouvre sur le dimanche de la Pentecôte. Ces veillées de prière sont souvent de différents types, composées par des groupes, sans Eucharistie… Ce n’est pas une autre Nuit de Pâques mais une manière de contempler l’œuvre de l’Esprit du Seigneur, fruit de la Pâque de Jésus. La communauté invoque l’Esprit en s’unissant en prière, comme Marie et les apôtres, pour se faire trouver toute ouverte et disponible à l’action transformante de l’Esprit Saint. • Le dimanche, nous célébrons la messe du jour. La liturgie eucharistique peut prévoir le rite de la bénédiction et de l’aspersion avec l’eau et, à la profession de foi, le renouvellement des promesses du Baptême. Les fidèles peuvent allumer leurs petits cierges au cierge pascal qui nous a accompagnés pendant cinquante jours comme présence de Jésus ressuscité et qui, à partir de ce soir, après les deuxièmes Vêpres, sera placé près de nos baptistères. • La liturgie du jour prévoit le chant de la Séquence « Viens, Esprit Saint », une composition médiévale attribuée à Étienne Langhton, archevêque de Canterbury (+ 1228). C’est un très beau texte que nous suggérons de chanter debout, parce que c’est dimanche, le temps de Pâques, et de par la solennité de l’invocation. • Après la prière sur les offrandes et avant le dialogue, une brève monition peut être faite sur le texte de la préface qui résume magnifiquement toute la signification de cette grande solennité qui porte la Pâques à son accomplissement. • Aujourd’hui, la présence discrète des fleurs est très utile à la participation des fidèles. Elle peut aider à reconstituer le climat de feu de prière et d’expérience de Dieu du Cénacle. Sans encombrer et recouvrir l’autel ou l’ambon, quelques langues de fleurs rouges, ou avec des nuances du jaune au rouge, peuvent être déposées discrètement à l’entrée… Combien de fleurs? Ça dépend! Une seule peut suffire… juste un glaïeul! Les fleurs doivent cependant créer une ambiance mystique, décorée avec une humble discrétion comme un service de charité qui aide à vivre la Parole entendue et célébrée et à pénétrer le Mystère de cette Pentecôte. C.
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