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Le
Seigneur est vraiment ressuscité!
CÉLÉBRER LE MYSTÈRE
LECTURE
BIBLIQUE
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CROIRE AU MYSTÈRE Le Seigneur est vraiment ressuscité! C’est le motif fondamental de Pâques. C’est le thème qui traverse toute la Messe du jour. La communauté qui a longuement veillé et célébré solennellement l’événement de la résurrection se rassemble de nouveau pour en cueillir autrement l’annonce et s’en réjouir, avec la ferme espérance d’être renouvelée dans l’Esprit de manière à renaître à la lumière du Seigneur ressuscité (cf. Prière ). Le mystère pascal, Passion, Mort et Résurrection du Seigneur est à l’origine de la communauté chrétienne. Dans le souvenir du passage du Seigneur Jésus de la mort à la vie avec lequel se termine le Triduum pascal – elle célèbre son propre passage à la condition filiale, à la vie nouvelle dans le Christ et dans l’Esprit et elle lit dans le Seigneur Jésus le paradigme de la vie désormais donnée définitivement à ceux qui croient en lui. La prière sur les offrandes affirme : Dans la joie de Pâques, Seigneur, nous t’offrons ce sacrifice : c’est par lui que ton Église, émerveillée de ta puissance, naît à la vie et reçoit sa nourriture. Nous comprenons donc pourquoi la liturgie du jour insiste sur les motifs rattachés à la première annonce et sur ceux qui se rattachent à la vie, à la condition nouvelle à laquelle nous participons dans le Christ Seigneur. Comme pour tout le temps pascal, la première lecture est tirée des Actes des Apôtres. Pour la communauté chrétienne, ce livre est une sorte d’histoire de famille. C’est une confidence des événements qui se sont passés en elle à partir du retour du Seigneur au Père. Extraites du troisième de ses discours kérygmatiques à l’intérieur de ce livre, les paroles de Pierre, témoin très particulier, nous font entendre de nouveau la lecture théologique des événements inhérents au Seigneur, à sa mort et résurrection. Pierre se dit témoin de tout l’événement - Christ : du baptême au Jourdain, événement lu comme lieu de la constitution messianique de Jésus : Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force; de son ministère : là où il passait, il faisait le bien et guérissait; de sa mort à Jérusalem : ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice; de sa résurrection : Dieu l’a ressuscité le troisième jour; et de son apparition de ressuscité : il lui a donné de se montrer. Pour donner une force vive à son témoignage, Pierre atteste que Jésus est apparu à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Manger et boire indique le concret réalisé par cette expérience du Ressuscité. Manger et boire ensemble, même après la résurrection d’entre les morts, évoque la permanence de cette familiarité et de cette communauté de vie, c’est son moment fort. Ailleurs, dans la première des lettres qui lui sont attribuées, nous trouvons l’affirmation : Nous ne sommes pas allés derrière de vaines fables. La résurrection de Jésus est un événement accompli, et pas moins réel que l’ont été le baptême, le ministère, et la mort sur la croix. De ces événements, et surtout devant l’événement de la résurrection, Pierre reconnaît qu’il est appelé à rendre témoignage. Pour lui, comme pour les autres, c’est un devoir de témoigner, d’annoncer la dignité et l’identité messianique de Jésus, la condition qu’il s’est acquise : juge des vivants et des morts. Nous nous demanderons pourquoi la première lecture voit le témoignage de Pierre au premier plan. C’est peut-être du au privilège dont l’apôtre jouit dans la tradition romaine. À Pâques, la statio avait justement lieu dans la basilique de Saint Pierre au Vatican; c’est là que le Pape célébrait, alors que la nuit, il avait célébré à Saint Jean de Latran, sa cathédrale. Dans le rite romain, on trouve donc une attention très particulière pour Pierre et son témoignage, jusqu’à en faire le premier témoin de la résurrection, ce qui sera proposé de nouveau dans le texte évangélique de Jean comme dans le texte de Luc, indiqué surtout pour le soir. En quelque sorte, cela s’éloigne de la tradition qui présente les femmes comme premiers témoins. En effet, ce sont elles, pas très prises au sérieux, qui sont mises au courant de l’événement. Les synoptiques l’affirment unanimement même si la formule solennelle – et Luc comme Paul en témoignent – dit : Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon (Luc 24, 34). La valeur de la vie nouvelle activée par le Baptême – la nuit pascale était soulignée par le Baptême des catéchumènes; aujourd’hui encore, c’est au cours de cette nuit qu’on célèbre des baptêmes et commémore le baptême reçu – cela apparaît d’une manière particulière dans les versets de 1 Co 5, 6-8 proposés comme deuxième lecture. Ici, la métaphore de la vie nouvelle est reliée aux azymes. Comme nous le savons, la Pâque juive, en mémoire de l’exode (cf. Ex 12) exclut le pain fermenté. À présent, ce sont les chrétiens qui sont les azymes qui doivent fuir toute trace de levain ancien, dangereusement capable de faire fermenter, même si en petite quantité, une grande masse de farine. Ils doivent célébrer Pâques avec des azymes de sincérité et de vérité en faisant cercle autour du Christ, notre Pâques, agneau immolé pour nous. La péricope évangélique tirée de l’évangile selon Jean nous parle de Marie Madeleine qui se rend au tombeau de grand matin. On a remarqué que les mots le premier jour de la semaine ont une saveur liturgique. Il est certain que le sabbat étant terminé, il est possible d’accéder au tombeau pour y accomplir les gestes de piété que la solennité de la fête avait empêché de faire. Dans les versets proclamés ici, nous voyons à peine se dessiner cette figure de femme, disciple et amie de Jésus qui, dans les versets suivants, le verra ressuscité, parlera avec lui, et entendra qu’elle est invitée à l’annoncer. La lecture d’aujourd’hui note seulement l’affolement de Madeleine devant la pierre enlevée et le sépulcre vide. Ce sont Jean et Pierre qui entrent impérieusement en scène. Ce sont eux que Madeleine va trouver pour les mettre au courant de ce qu’elle a trouvé. Et les deux courent ensemble pour se rendre au tombeau. Le plus jeune court plus vite, Pierre a plus de difficulté à courir. Les deux voient le linceul resté là ainsi que le linge qui avait recouvert la tête de Jésus. Est-ce une manière de marquer la primauté de l’apôtre dans le témoignage du ressuscité? Quoiqu’il en soit, la découverte bouleversante du tombeau vide, du linge non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place, leur ouvre les yeux. L’évangéliste dit : Il vit et il crut. Et, au pluriel, Ils n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. Nous conseillons la lecture de Luc 24, 13-35 à la messe du soir. Aux disciples d’Emmaüs, Jésus lui-même explique les Écritures en tout ce qui le concernait et ils le reconnaissent à la fraction du pain. Ici, dans le récit du quatrième Évangile, la compréhension de l’Écriture est liée au fait de voir et de croire ensuite. Jésus ne demeure pas en dehors d’une histoire, d’un projet. Il fait qu’une histoire et un projet soient vrais. La communauté chrétienne ne peut pas l’ignorer. Elle ne peut pas s’abstenir de relier Jésus à la Parole déjà annoncée; elle ne peut pas ignorer que c’est lui la Parole ultime et définitive qui donne son achèvement aux paroles du passé. L’Agneau de Dieu immolé remplace maintenant l’agneau immolé de l’exode. Désormais, Pâques est l’annonce de sa résurrection. Et Marie Madeleine? Nous regrettons que la liturgie pascale omette sa rencontre du Seigneur ressuscité. De quelque manière, cependant, la force extraordinaire de cette figure, le signe qu’elle a laissé dans la communauté chrétienne qui l’a reconnue comme apôtre des apôtres est confié à la séquence À la victime pascale où Jésus est indiqué comme l’Agneau qui réconcilie toute l’humanité pécheresse avec le Père. L’hymne met l’emphase sur la rencontre de la mort avec la vie et sur la victoire finale du Seigneur ressuscité. Dans la troisième strophe, sur la demande : Dis-nous, Marie Madeleine, qu’as-tu vu en chemin? Le témoignage de ce qu’elle a vu : J’ai vu le sépulcre vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité, et les anges ses témoins, le suaire et les vêtements, se transforme en proclamation bouleversante : Le Christ, mon espérance, est ressuscité! La fiction poétique dans le dialogue avec les disciples lui fait dire finalement ce que le Seigneur Jésus lui a demandé de leur dire : Il est ressuscité et il vous précède en Galilée.
Ce ne sont pas les disciples au sens historique mais toute la communauté
du passé et du présent qui acclame : Nous le savons : le Christ est
vraiment ressuscité des morts. Et la piété médiévale ajoute au kérygme
que la communauté s’approprie : Roi victorieux, prends-nous tous en
pitié!
En ce jour de lumière, éclairé par la splendeur de la résurrection qui donne une espérance et un sens à toute la vie humaine, les assemblées de l’Église sont belles, traversées par la joie irrépressible qui s’exprime dans le chant de l’Alléluia jailli au cours de la nuit de Pâques. Au début de chaque messe, on fait mémoire de la victoire du Seigneur, mort et ressuscité, en aspergeant l’assemblée avec l’eau baptismale bénie lors de la veillée pascale. L’écoute de l’Évangile, avec le récit du tombeau trouvé vide, a un écho dans l’homélie qui célèbre et manifeste la gloire du Seigneur ressuscité. Dans nos églises, de nos ambons, la belle nouvelle, l’Évangile, retentit : Il n’est pas ici! Il est ressuscité! Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant! Aujourd’hui, c’est la fête de l’ambon, espace liturgique, monument de la résurrection. Le diacre et le prêtre qui vont à l’ambon savent tout cela et ils font retentir la Parole divine en proclamant l’Évangile à partir de l’évangéliaire éclairé, encensé, vénéré. Aujourd’hui, même si cela n’est pas prévu dans les célébrations où l’évêque n’est pas présent, ces anges qui proclament la résurrection pourraient bénir l’assemblée des fidèles avec l’évangéliaire, avant d’inviter, dans leur homélie, les esprits et les cœurs à s’ouvrir à la grande annonce. De toute façon, le ressuscité n’est pas une chose que nous cherchons et dont nous nous approprions de quelque manière. Il est une présence vivante que nous expérimentons dans la foi, présence toute intérieure, présence qui est un don. Nous devrions dire : je sais que mon rédempteur est vivant, qu’il est ressuscité, qu’il est ici, qu’il demeure toujours avec moi! Je le sais dans la foi indéfectible qui m’est donnée. •
Il importe d’inviter les familles, qui se réuniront autour de la table
familiale blanche, en fête, avec un cierge allumé, à faire mémoire de
la résurrection et à échanger le souhait : La paix est avec toi! Notre
paix, c’est le Christ Jésus qui est ressuscité pour demeurer toujours
avec nous et dans nos maisons, car nous voulons qu’elles appartiennent
au Seigneur. |