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Fête
de La Toussaint 31e
dimanche
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CROIRE AU MYSTÈRE Ensuite,
sans parler des larmes de bonheur, évidemment, il y a des larmes qui sont
bénéfiques : celles du repentir de saint Pierre, par exemple, dont parle
le Pape Benoît XVI dans son livre sur Jésus. C'est là que l'on fait l'expérience
de la miséricorde de Dieu. Il y a également celles que nous versons lorsque
nous nous laissons toucher par la souffrance ou le chagrin des autres.
Dans ces cas-là, nous sommes sur le bon chemin, nos cœurs de pierre sont
en train de devenir des coeurs de chair, pour reprendre l'expression du
prophète Ezéchiel. On pourrait dire la même chose lorsque nous pleurons
devant la cruauté de certains, devant ce que j'appellerais la dureté du
monde. Je reviens à la première béatitude : « Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux ». Il me semble que cette béatitude-là contient toutes les autres, qu'elle est le secret de toutes les autres. Evidemment, ce n'est pas une idéalisation de la pauvreté matérielle : la Bible présente toujours la pauvreté comme un mal à combattre ; mais d'abord, il faut bien dire que ce n'étaient pas les gens socialement influents, importants qui formaient le gros des foules qui suivaient Jésus ! On lui a assez reproché de frayer avec n'importe qui ! - Deuxièmement, le mot « pauvres » dans l'Ancien Testament n'a pas toujours un rapport avec le compte en banque : les « pauvres » au sens biblique (les « anawim ») ce sont ceux qui n'ont pas le coeur fier ou le regard hautain, comme dit un psaume ; on les appelle « les dos courbés » : ce sont les petits, les humbles du pays, dans le langage prophétique. Ils ne sont pas repus, satisfaits, contents d'eux, il leur manque quelque chose. Alors Dieu pourra les combler. Nous retrouvons ici sous la plume de Matthieu un écho de la parabole du pharisien et du publicain : le pharisien pourtant extrêmement vertueux ne pouvait plus accueillir le salut de Dieu parce que son coeur était plein de lui-même ; le publicain, notoirement pécheur, se tournait vers Dieu et attendait de lui son salut, il était comblé. - La qualité dont il s'agit ici, c'est « l'esprit de pauvreté », c'est-à-dire la qualité de « celui qui a pour refuge le nom du Seigneur », comme le dit Sophonie, celui qui a besoin de Dieu, celui qui reçoit tout de Dieu comme un cadeau : celui qui chante humblement « Kyrie eleison », Seigneur prends pitié. Et qui attend de Dieu et de lui seul tout ce dont il est question dans les autres Béatitudes : être capable de miséricorde, c'est-à-dire de pardon et de compassion, être artisan de paix, être doux, ou non-violent, être affamé et assoiffé de justice ; car tout cela est cadeau ; et nous ne pouvons mettre véritablement ces talents au service du Royaume que quand nous les recevons dans cet esprit. Au fond, la première Béatitude, c'est celle qui nous permet de recevoir toutes les autres. Heureux, les pauvres : mettez votre confiance en Dieu : Il vous comblera de ses richesses ... SES richesses... « Heureux » ... cela veut dire « bientôt on vous enviera » ! Tous
ceux qui attendent tout de Dieu, comme le publicain, sont assurés que
leur recherche sera exaucée parce que Dieu ne se dérobe pas à celui qui
cherche : « Qui cherche trouve, à qui frappe, on ouvrira », dira Jésus
un peu plus loin dans ce même discours sur la montagne. Ceux qui cherchent
Dieu de tout leur cœur, ce sont ceux-là que les prophètes appellent également
les « purs » au sens d'un cœur sans mélange, qui ne cherche que Dieu.
Marie Noëlle Thabut
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