Jésus donne la paix
et l’Esprit Saint



 

 

Pentecôte
année A - 11 mai 2008

Lectures bibliques
Ac 2, 1-11; Ps 103, 1.24.29-31.34;
1 Co 12, 3b-7.12-13; Jn 20, 19-23

l’accomplissement de la promesse

Sept semaines ont passé depuis la Pâques du Seigneur, et l’Église émerveillée, sent qu’elle est comblée du don attendu avec trépidation après l’ascension de Jésus au ciel, alors qu’elle recueille les prémices de l’alliance nouvelle et éternelle inaugurée dans le « sang versé pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26, 28).

En effet, la Pentecôte contient l’ensemble de ces références alors qu’elle souligne que le projet de vie du Père réalisé par le Fils s’accomplit aujourd’hui dans l’Esprit Saint, de sorte que toute la terre peut dire qu’elle est témoin des grandes choses que le Seigneur réalise en faveur de tous les peuples.

Les divisions et les oppositions réciproques, qui avaient marqué l’humanité à partir de la tragédie de la tour de Babel, sont définitivement vaincues. La diversité des langues qui avait été un signe de division et d’incompréhension mutuelle parmi les humains (cf. Gn 11, 1-9) est devenue une manifestation éclatante de la diversité multiforme par laquelle l’humanité entière peut chanter à l’unisson les « merveilles de Dieu ».

C’est la constatation étonnante qui conclut le récit de la Pentecôte proposé par les Actes : « nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu » (Ac 2, 11).

L’événement permet de reconnaître que le ciel s’est ouvert à la terre et que l’intronisation du Fils à la droite du Père coïncide avec le don généreux de l’Esprit.

En effet, à partir de ceux qui « se trouvaient réunis tous ensemble » (Ac 2, 1), embrasés au point d’être devenus incandescents à cause du « feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux » (Ac 2, 3), l’Esprit se répandait sur toute la terre.

la nouvelle alliance

La description suggère de reconnaître que le don venu du ciel a uni à la fois la force d’un tonnerre, l’impétuosité d’un vent très fort et toutes les caractéristiques d’un feu qui brûle sans consumer (cf. Ac 2, 2-3).

Dans le texte, des insinuations semblables, qui renvoient à des références précises de l’Ancien Testament, en particulier aux livres de la Genèse et de l’Exode (cf. Gn 15, 1-20; 22, 1-18; 1, 2; Ex 24, 1-18; 34, 1-35; 3, 1-22; 14, 15-31), permettent de souligner au moins deux grandes perspectives à partir desquelles on peut observer le mystère qui s’accomplit dans la fête d’aujourd’hui.

La première, étroitement liée à l’alliance, souligne que le sacrifice que Jésus de Nazareth reconnu Christ et Seigneur, a offert dans sa chair a été agréable au Père. Il a répondu en proclamant l’alliance nouvelle et éternelle dans son sang, comme l’avait fait Abraham (cf. Gn 15) et comme Moïse l’avait répété (cf. Ex 24).

Cette perspective est étroitement liée à celle de reconnaître dans le don du feu accordé aux disciples qui « se trouvaient réunis tous ensemble » (Ac 2, 1) la possibilité d’être consumés à leur tour en « sacrifice saint agréable à Dieu », grâce à l’œuvre de l’Esprit Saint. Grâce à la greffe de l’humanité entière sur la famille d’Abraham, greffe obtenue par le sacrifice du Christ, « toutes les familles de la terre » (Gn 22, 18) ont participé à la bénédiction répandue sur le patriarche ancien.

la mission des apôtres

Au contraire, la deuxième perspective est étroitement liée à la mission. Elle souligne que la transformation obtenue par les apôtres grâce au feu de l’Esprit Saint les habilite à promulguer la bonne nouvelle de la nouvelle alliance dans toutes les parties du monde. De plus, elle démontre qu’est arrivé le temps annoncé par les prophètes où point n’est besoin de lois écrites sur des tables de pierre parce que l’Esprit les a désormais toutes gravées dans le cœur de chaque être humain.

La mission des apôtres atteste que la parole de Jérémie s’est réalisée aujourd’hui : « Des jours viennent – oracle du Seigneur - où je conclurai avec la communauté d’Israël – et la communauté de Juda – une nouvelle alliance… je déposerai ma loi au fond d’eux-mêmes, l’inscrivant dans leur cœur : je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi. Ils ne s’instruiront plus entre eux, répétant : Apprenez à connaître le Seigneur! Car ils me connaîtront tous, petits et grands – oracle du Seigneur. Je pardonne leur crime; leur faute, je n’en parle plus » (Jr 31, 31.33-34).

L’Évangile selon Jean qui est proclamée dans la divine liturgie de la solennité de la Pentecôte unit les deux perspectives en rappelant que l’Esprit dont on parle est le même Esprit que le Christ ressuscité a communiqué aux apôtres lorsque « il répandit sur eux son souffle et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus » (Jn 20, 23).
L’alliance nouvelle et éternelle a donc été promulguée grâce à la paix établie entre le ciel et la terre par l’agneau immolé qui leur montre « les mains et le côté » (Jn 20, 20) d’un crucifié transpercé jusqu’à la mort et toutefois, debout et plein de vie comme un ressuscité qui salue sereinement : « La paix soit avec vous! » (Jn 20, 19).
Le Père a donc agréé l’offrande que le Fils a faite de lui-même et il a répondu en lui confiant : « tout pouvoir au ciel et sur la terre ». Maintenant, le Fils peut jouir de ce pouvoir pour inaugurer une paix nouvelle à communiquer au monde entier : « Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20, 21).
Cette mission s’exprime comme un mandat de proclamer la bonne nouvelle de la réconciliation dans le monde entier. Les apôtres sont appelés à conformer leur style de mission à celui de leur Maître qui l’a reçu du Père. Jésus a vécu la mission sous la mouvance de l’Esprit, et c’est ce même Esprit dont ils sont investis à la Pentecôte qui les habilitera à le rendre continuellement présent dans le monde et dans l’histoire des humains.

I. Gargano